l'air du temps

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de Samain au début de l'époque de Berchta
La rubrique "l'air du temps" est actualisée chaque 15 du mois.
Vous-y trouverez des informations concernant le caractère des semaines à venir, les particularités énergétiques de la saison et les fêtes ancestrales qui jalonnent le cycle annuel. En tant que chamane je vis étroitement avec l'évolution de la nature et me place quotidiennement en accord avec l'esprit du moment.
J'espère avec mes considérations sur l'air du temps permettre à mes visiteurs de faire chaque mois leurs propres découvertes.

Après la fête de Samain (1er novembre) la Grande Déesse se retire dans les profondeurs de la terre. Ce retrait de la Mère Nourricière se ressent au vide et au silence qui envahit progressivement bois et champs. Toutes les traditions orales européennes rapportent que dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre les frontières entre le monde des humains et le mondes des esprits sont ouvertes et cette perméabilité persiste tout au long de novembre, voire décembre jusqu'à ce qu'un tapis de neige subsiste plus longuement.

Entre le 6 décembre et le 5 janvier s'étend ce que les alémaniques appellent l'époque de Berchta, une figure des mythologies germanique et slave, qui a l'instar de Saint Nicolas récompense les bonnes actions et sanctionne les mauvais comportements. L'intérêt de se pencher sur les traditions alémaniques est qu'elles reflètent de nos jours encore assez concrètement les croyances ancestrales issues directement du chamanisme et de loin antérieures à la civilisation celtique. Par ce biais nous découvrons dans les coutumes qui jalonnent décembre et janvier que ces quatres semaines de l'année forment un ensemble en soi et que les différentes traditions de l'arc alpin ont une logique commune.
L'élément déclencheur qui confère à ces quatres semaines un caractère particulier est le solstice d'hiver. Si l'on compte 15 jours avant le solstice (21 décembre) et 15 jours après celui-ci, on arrive effectivement sur les dates du 6 décembre et du 5 janvier. Le début et la fin de cet espace-temps sont marqués par la Saint Nicolas, respectivement par l'épiphanie. La longueur des jours ne changeant presque plus durant cette période, c'est l'inertie qui domine l'air du temps. Au coeur de ces longues nuits il en s'ensuit réellement une forme de vide énergétique. Dans cet espace dénué de direction claire, où les forces constructives de la nature se trouvent au point mort, il n'est pas surprenant que les peuples anciens aient mis en garde contre les attaques des démons et un retour incontrôlé des morts. C'est le sens des nombreuses bruyantes traditions réunissant claqueurs de fouet, sonnailles, tambours et fanfares en tous genres : tenir les esprits malfaisants à l'écart des habitations humaines.
Mais revenont d'abord à Berchta. Elle est plus qu'une figure genre Saint Nicolas, en effet elle est souvent représentée dans les coutumes autour du solstice d'hiver sous forme de femme-oiseau : Vogelpercht en Autriche, Habergoas et Schnabelgeiss dans l'Oberland Bernois. La figure de l'oiseau est traditionellement attribuée à la Grande Déesse et il est vraisemblable que Berchta en soit un avatar. Cette théorie trouve confirmation dans le fait que les légendes prêtent à Berchta les missions de favoriser la croissance du grain et de s'occuper des âmes avant leur naissance. En outre ses principaux attributs sont le fer et le nez : ce serait elle qui durant les nuits suivant le solstice traverserait les cieux en agitant bruyamment des chaînes et la longueur de son nez  sur laquelle les traditions orales s'étendent avec beaucoup d'insistance en fait plutôt un bec. Les origines de Berchta pourraient partant remonter jusqu'au paléolithique supérieur dans le culte des déesses-mére.


représentation du mythe de Berchta et une des figures traditionnelles
de l'Ubersitz à Meiringen (Oberland Bernois),
 l'impertinente Schnabelgeiss tente avec son bec de s'emparer d'un bonnet


Lanternes et tohubohu
L'époque de Berchta est énergétiquement un espace-temps à part dans le cours de l'année. Les traditions de l'avent et les fêtes de fin d'année font de ces quatres semaines un intervalle, où même dans notre monde  axé sur la performance, la routine se trouve passablement bousculée. Selon les régions on fête plus particulièrement le début, le milieu ou la fin de cette parenthèse. Les traditions célébrées durant l'époque de Berchta comptent parmi les plus riches, les plus colorées et les plus  spectaculaires de toute l'année. Pensez à un Klausjagen à Küssnacht sur le bord du lac des quatre cantons qui réunit chaque année plus d'un millier de participants.
La nuit du 5 au 6 décembre qui marque l'entrée dans l'époque de Berchta est souvent considérée comme l'une des plus dangereuses : c'est avec force claquements de fouet que de l'Argovie à la Suisse Centrale on se prémunit en de nombreux endroits de l'influence délétère des démons de tout acabit. A Küssnacht (SZ) justement on éteint toutes les lumières dans la petite ville sur le coup des 20 heures quinze. Ce sont les claqueurs de fouet qui ouvrent le cortège et font bourdonner les oreilles. Derrière suivent en silence et tournoyant sur eux-mêmes des centaines de porteurs de lanternes richement décorées, dont certaines ont plus de deux mètres de hauteur et un poids de 20 kg. Puis vient Saint Nicolas entouré de pères fouettards et d'enfants portant des torches. Puis l'obscurité reprend le dessus tandis qu'avec une mélodie au rythme asymétrique la fanfare défile, suivie de centaines de porteurs de sonnailles, dont le tempo hallucinant et l'intensité sonore vous remue les tripes. La marche est fermée par les nombreux participants qui soufflent dans des cornes de vache une étrange plainte monocorde.
http://www.klausjagen.ch/


les claqueurs de fouet avancent dans l'obscurité


le ballet des porteurs de lanternes
 


au milieu de quelques 500


sonnailles et des nombreux souffleurs de cornes

Il existe en Suisse centrale de nombreux endroits, où la Klausjagen est célébrée comme Beckenried, Arth-Goldau, Ägeri.Un des attraits des Klausjagen est que les participants revêtent tous la traditionnelle blouse blanche de pâtre, ce qui avec le nombre des participants ajoute au caractère irréel de la scène comme le révèle la cohorte ci-dessous se glissant dans la nuit.

Entre autres coutumes sont mentionnées le St.Nikolaus-Trichjen à Laax (Grisons), le cortège de Saint Nicolas à Fribourg et les Kläuse masqués qui poursuivent les enfants à Amden (Saint-Gall). En Autriche ce sont des masques d'ours et/ou de figures sauvages (Nickel, Pelznickel, Klos ou Krampus) qui prennent la place de Saint Nicolas. Krampus porte des grelots ou des cloches, parfois une chaine à laquelle il attache les gens. Très répandus dans les coutumes de l'arc alpin sont les claqueurs de fouet et les Trychler qui avec leurs sonnailles font fuir les mauvais esprits.


Klausjagen sur la place du village de Beckenried   (rive sud du lac des quatre cantons)

http://www.samichlais.ch

Il est intéressant de noter que l'époque de Berchta était autrefois liée à Wodan (Odin), divinité principale de la mythologie nordique - seigneur de l'ivresse et du royaume des morts. On lui rendait hommage par la fête entre amis et la consommation de produits enivrants, une forme de tradition qui a cours aujourd'hui encore.

La semaine précédant Noël est jalonnée en Suisse orientale et dans le sud de l'Allemagne par de nombreuses coutumes (bochseln),  puis viennent les innombrables traditions autour du passage à l'an nouveau comme l'Altjahrsesel à Schwarzenburg, le Ubersitz dans le Haslital bernois, l' Achetringele à Laupen (BE), la Harder Potschete à Interlaken, les Silvesterkläuse en Appenzell et pour finir les coutumes de l'épiphanie telles que la Greiflet qui marquent dans le canton de Schwyz le retour au courant normal.
Je reviendrai sur ce site dès le 15 décembre sur ces différentes traditions ainsi que sur leur logique au vu des croyances ancestrales.

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aktualisé le 15.11.2019
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