l'air du temps

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La rubrique "l'air du temps" est actualisée chaque 15 du mois.
Vous-y trouverez des informations concernant le caractère des semaines à venir, les particularités énergétiques de la saison et les fêtes ancestrales qui jalonnent le cycle annuel. En tant que chamane je vis étroitement avec l'évolution de la nature et me place quotidiennement en accord avec l'esprit du moment.

Qui suit le flux des saisons et est en résonnance intime avec son environnement, ne manque pas de faire des découvertes surprenantes : comme ici lors d'une ballade en raquettes dans les hauts du Lac Noir. Si dans cette montée j'avais levé le nez de la trace ne serait-ce qu'une demi-minute plus tard, je n'aurais pas remarqué ces trois "esprits de l'hiver". Ce sont de tels moments d'accord profond avec la nature que j'aimerais partager ici. J'espère avec mes considérations sur l'air du temps permettre à mes visiteurs de faire chaque mois leurs propres découvertes.

Geister im Schnee Schwarzsee Region

Après la chandeleur (2 février) la Grande Déesse sort imperceptiblement des profondeurs de la terre. Sous le manteau de la neige elle prépare le départ de la végétation. Cette discrète époque de préparation qui règne dans la nature, peut ètre également mise à profit dans notre vie. Dans l'horoscope amérindien elle est appelée "Lune du répit et de la purification" et s'étend en général du 21 janvier au 18 février. En ceci à quelques jours près l'époque correspond à la période du verseau. Elle est donc sous l'influence d'uranus, qui favorise de brusques bouffées d'inspiration, l'intuition et la vue d'ensemble. Ce sont partant quatre semaines particulièrement favorables pour permettre à tout un chacun d'esquisser de manière concrète quels pourront ètre ses projets importants dans l'année entamée.
Ainsi au lieu de se lancer après les fêtes de fin d'année à corps perdu dans les détails du quotidien, l'air du temps nous propose de prendre le temps de la réflexion et d'une préparation en douceur tout comme la nature nous en fait l'exemple.


l'air du temps : surfer sur la vague du moment  - s'approprier les énergies de l'instant

Profiter des qualités de cette saison, c'est se mettre d'emblée en accord avec le cycle saisonnier qui débute, c'est s'assurer de pouvoir en automne de sa peine récolter de beaux fruits .
Les gorges des rivières représentes des ouvertures dans l'intimité de la Grande Déesse. Elles permettent d'observer l'histoire de la terre enfouie sous la surface et de comprendre une partie cachée de notre environnement. Les gorges sont des lieux propices pour appréhender la présence et l'aura de la Grande Déesse.
Le tableau ci-bas s'inspire d'un hêtre  auquel je rends visite
le jour de la chandeleur dans les gorges de la Schwarzwasser - non loin de mon atelier. A quelques pas de là se trouve également une arche naturelle à mi-hauteur de la falaise de molasse ainsi que trois temples celtiques.

Über die magische Schlucht
"Über die magische Schlucht"
- "au dessus de la gorge magique" -
acrylique et encre de chine sur torchon - 1999

 

Suggestion de randonnée pour la Chandeleur : Hauterive

Au large d’un vieux cloître et d’un établissement néolithique
nous pénétrons dans la pittoresque intimité de la Grande Déesse.
Un portique magique nous conduit des falaises glacées de l’hiver aux rivages nouveaux de la Chandeleur sur lesquels un soleil rayonnant nous accueille.


gorge sauvage de la Sarine


Données techniques et accès
longueur 5½ km - montée 60 m - durée 1½ heures
à partir du parking au couvent 25 minutes de moins

bus de Fribourg direction "Bulle par Farvagny"
jusqu’à "Grangeneuve Institut agricole"

les automobilistes suivent la route cantonale en direction de Bulle et bifurquent ensuite à gauche vers l’Abbaye d’Hauterive


 Description de la randonnée
Le bus remonte de l’arrêt vers la route cantonale; nous débutons la marche pour notre part au plat et en droite ligne avec à gauche les bâtiments de l’école d’agriculture, à droite les champs ouverts vers Posieux. Après le dernier bâtiment nous suivons les flèches vertes „sentier forestier“ qui nous conduisent au travers d’un bref bout de forêt. Dans la clairère abordée nous descendons sur le chemin principal (délaissant le sentier forestier) en direction du couvent  en contrebas. Devant celui-ci nous allons brièvement sur notre gauche en direction du parking, puis à droite en longeant la route vers la Sarine. Juste avant le pont sur la Sarine nous prenons ä droite le chemin pédestre indiqué « Abbaye d’Hauterive » qui remonte le long de la rivière. Entre Sarine et cloître ce chemin nous mène à un pont qui nous permet de traverser la Sarine. Juste après nous prenons à droite le sentier qui poursuit en amont de la rivière. Il nous conduit dans la réserve forestière de La Souche au fond de laquelle, quittant le chemin, nous nous engageons sur un petit sentier qui longe la Sarine. Nous passons devant un oratoire avec une statue de la Vierge Marie placée dans une niche creusée dans un bloc de molasse. Une dizaine de mètres plus loin nous découvrons sur notre droite un portique naturel ouvert entre deux blocs de molasse.
Nous revenons sur nos pas jusqu’à l’oratoire et allons en direction de la falaise que le chemin longe pour retourner vers le couvent par les champs. Après le pont ceux qui le souhaitent partent à droite visiter le couvent et son magasin (ouvert les samedis et dimanches), les autres montent en direction de l’entrée principale du couvent. De là nous continuons tout droit en direction de l’école d’agriculture et de l’arrêt de bus par le chemin pris le matin.   


L’intimité de la Grande Déesse et l’air du temps
 Selon les Amérindiens les gorges représentent l’intime entrejambe de la Grande Déesse. En effet ces incisions dans le paysage nous permettent de jetter un regard dans les fondements de celui-ci. Nous découvrons dans les falaises dénudées des gorges le vrai visage du pays et l’histoire ancienne de Gaia – la Déesse de la Terre. Nous découvrons ici un être mystérieux et vibrant d’une vie,  dont en ne restant toujours qu’en surface, nous ignorons presque tout.
Selon les croyances celtiques, c’est à la Chandeleur (2.février) que la Grande Déesse resurgit de ces mondes souterrains dans lesquels elle est descendue à la Toussaint. Désormais elle prépare l’humus des champs et sous-bois à l’éclosion du printemps. C’est au départ un processus à peine perceptible, mais qui petit à petit prend de l’ampleur pour aboutir dans l’explosion de verdure et de fleurs qui suit l’équinoxe de printemps. Ce temps de latence et de préparation est cependant capital pour assurer la perennité et la fertilité de la création.  
Les gorges sont d’une manière générale un endroit idéal pour entrevoir cette  impulsion de départ, pour communier avec ces forces telluriques qui émergent, pour se mettre au diapason de la Grande Déesse qui remonte des profondeurs de la terre pour irriguer l’humus nourissier de sa puissance. Qui plus est les gorges sont généralement à l’écart du bouillonement de la vie civilisée et permettent par cette ambiance profondément (c’est le cas de le dire) paisible qui les caractérise, de se concentrer d’autant plus facilement et d’autant mieux sur la signification de la Chandeleur. D’autre part la dynamique de la rivière qui traverse la gorge soutient le flux de la méditation et permet à l’âme de s’élever au-dessus des contingences quotidiennes, souvent même d’acquérir intuitivement de nouvelles vues sur des sujets jusque là bloqués dans les carcans usuels de la pensée. L’air du temps autour de la Chandeleur – époque du Verseau et d’Uranus – est empreint d’intuition et se prête qoiqu’il en soit tout particulièrement à l’élaboration de projets et à la planification.
Ces qualités de paix et de dynamisme se retrouvent particulièrement dans les gorges de la Sarine. En cette saison il est recommandé du fait de la course peu élevée du soleil de visiter les gorges autour de midi. Ceci vaut d’autant plus pour qui souhaite ajouter à sa randonnée un rituel, car autour de midi les promeneurs ici -  même le dimanche - sont plutôt rares.


La première partie de la randonnée nous plonge au coeur de l’hiver : c’est à l’ombre d’immenses falaises de molasse toutes de glace revêtues que nous remontons le cours de la Sarine. A droite du chemin se trouve la « zone de silence » du couvent et de ses dépendances. La vivacité du froid renforcée par l’humidité de la gorge porte également à une réflexion muette : une excellente occasion de passer en revue le temps écoulé depuis le solstice d’hiver.
Un autre messager de l’hiver nous attend au sortir du cloître juste avant le pont qui enjambe la riviére : les clochettes vert-pomme de nombreux plants d’hellébore fétide égaient le talus à droite. Cette plante au feuillage palmé d’un beau vert sombre fleurit entre novembre et avril dans les sous-bois calcaires. Mystérieuse et très toxique, l’hellébore fut utilisée dans l’Antiquité entre autres  pour le traitement de l’épilepsie. Après une réévaluation appronfondie, elle trouve sa place de nos jours sous forme homéopathique ou spagyrique en complément des traitements classiques en cas d’affections aiguës des reins, de la moelle et du cerveau.



L’Abbaye d’Hauterive
L’établissement des cisterciens remonte à 1138 avec la donation de Guillaume de Glâne qui fit venir des moines de la Bourgogne. L’évêque de Lausanne et les ducs de Zähringen – fondateurs de la ville de Fribourg – favorisèrent égalemement l’essor du couvent. Durant le 12. et 13. siècle celui-ci prospéra autant économiquent que culturellement. L’abbaye fournissait de la laine à la ville de Fribourg, possédait divers domaines agricoles, des alpages, des vignes sur le Léman, des moulins à grain et au 15.siècle un moulin à papier. Durant les 14. et 15.siècle le couvent fut à plusieures reprises pillé et sa bibliothèque saccagée. Après la défaite du Sonderbund les radicaux au pouvoir sécularisèrent les biens de l’abbaye. Les bâtiments accueillirent ensuite une école d’agriculture puis l’école normale.
En 1939 des moines autrichiens de Wettingen-Mehrerau purent s’installer au couvent. Ils sont aujourd’hui une vingtaine à vivre selon la règle de Saint Benoît. Prière, travail et vie fraternelle rythment leur quotidien. Ils se réunissent journellement dès quatre heures et quart le matin pour la première prière, et tout au long de la journée huit fois encore jusqu’au soir huit heures. Entretemps chaqu’un d’eux vaque humblement et dans le silence de la contemplativité aux tâches qui lui sont dévolues.


À la découverte des rivages nouveaux de la Chandeleur
Ce silence que les moines recherchent dans les gorges de la Sarine, est respecté par la grande majorité des visiteurs du site. Cette exquise quiétude s’étend bien au-delà du pont et nous accompagne le long de la Sarine. Depuis le sentier nous apercevons le cours changeant de la rivière, tantôt frémissante et bruissante, tantôt parfaitement étale et reflétant les arbres qui la borde.

 Cette diversité des  paysages et des ambiances qui se succèdent au gré des méandres, donne envie de faire un bout de chemin sur les bancs de galets malgré les mises en garde des écriteaux. Il est vrai que le cours parfois à peine perceptible de la Sarine tient au fait que la majeure partie de la rivière coule parallèlement à la gorge dans une conduite forcée du barrage de Rossens – 10 kilomètres en amont –  pour être turbinée juste en aval du couvent. Sur cette portion de la rivière les crues sont si rares et si modestes que le chemin pédestre sur la rive opposée conduit le randonneur directement au travers du lit de la rivière vers la Tuffière.

 

Dans la réserve forestière de la Souche le chemin vire en direction de la falaise de molasse puis retourne en la longeant en direction de l’abbaye. Nous  quittons le chemin pour l’étroit sentier qui se glisse entre la Sarine et un dédale de gros blocs de molasse. L’un d’eux comporte une niche qui abrite une statue de la Vierge Marie et à son pied un ensemble votif de galets signés. A peine dix mètres plus loin nous découvrons sur la droite un magnifique portique entre deux blocs de molasse.

Les cultures traditionelles attribuent à ce genre de portique une  profonde signification symbolique. Que ce portique s’ouvre dans une roche comme ici ou qu’il soit constitué par des troncs d’arbres soudés entre eux importe peu : de tels endroits sont considérés comme magiques. Ces endroits sont souvent empreints de puissantes forces spirituelles qui peuvent être réveillées et mises à profit grâce à un rituel approprié. D’un côté du portique on se défait du passé, des vielles habitudes et autres entraves indésirables pour entrer de l’autre côté dans un monde nouveau, pour renaître dans une dimension différente, pour rejoindre une réalité jusqu’ici inaccessible. Il est donc avantageux avant de traverser un tel endroit magique de réfléchir auparavant à ce que l’on désire quitter et à ce que l’on désire trouver de l’autre côté. Le rituel en soit n’a nul besoin de complications ésotériques, la seule conscience des buts recherchés suffit amplement pour bénéficier de la magie d’un tel portique.

Plusieurs facteurs font en outre de ce passage magique un endroit particulièrement attrayant et idéal pour fêter la Chandeleur. D’une part il permet de passer des falaises de molasse aux eaux vives de la Sarine – symboliquement parlant de quitter les structures figées de l’hiver pour accéder à l’eau - source de vie par excellence et moteur de la dynamique printanière. D’autre part en visitant les gorges aux alentours de midi, nous nous trouvons le portique passé directement face au soleil. En tournant la tête vers l’amont – symboliquement vers les prémices de la saison – nous plongeons le regard, selon le langage imagé des Amérindiens, dans l’intimité de la Grande Déesse (voir photo en tête du chapitre). Nous découvrons les strates de l’histoire dans les roches dénudées qui s’élèvent au-dessus de la rivière. Nous percevons intuitivement dans ces falaises qui s’avancent dans le lit de la Sarine, cette présence de la déesse Gaia qui se détache des entrailles de la terre pour rejoindre l’humus nourricier. Le nombre même de ces falaises – trois – confère au lieu choisi ici une portée symbolique supplémentaire, tant il est que le chiffre trois est attribué à la Grande Déesse.

Au retour nous passons près d'un auvent formé par la falaise de molasse, où se trouvait un abri néolithique qui fut utilisé entre 7'000 et 5'000 av.JC par les derniers groupes de chasseurs-pêcheurs-cueilleurs. Les vestiges successifs atteignent une épaisseur de trois mêtres et leur bon état de conservation font de cet abri un haut-lieu de la préhistoire, classé depuis 2006 comme site d’importance nationale. Les occupations répétées du site permettent de se faire une idée concrète du quotidien des populations néolithiques jusqu’au début de la sédentarisation. Des milliers d’outils de pierre, de pointes de flèches et d’innombrables restes de faune (principalement cerf et sanglier) ont ainsi été répertoriés. Quelques objets artistiques s’y sont également ajoutés, tels que terre cuite et pendeloques en canines de cerf.
Je ne doute pas que nos ancètres aient également apprécié la magie de l’endroit.

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aktualisé le 11.01.2020
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